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Angleterre, 1932. Le couple Mc Cordle convie
ses amis aristocrates, accompagnés de leur valets pour
une partie de chasse. Lors de ce séjour, Sir Mc Cordle
se retrouve assassiné.
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C'est dans la campagne anglaise qu'Altman
nous emmène dans son énième long métrage.
Dans cet environnement champêtre des années 30,
le réalisateur nous sert une pseudo enquête qui
finalement n'est que secondaire.
Car le plus important, dans cette critique sociale, ce sont
bien sûr les personnages. Les deux clans (les nobles
d'un côté, les serviteurs de l'autre) s'opposent
dans des scènes souvent froides mais parfois étonnantes
de vérité.
On regrette d'ailleurs un peu l'inégalité de
ces scènes car certaines sont vraiment intenses, alors
que l'on a parfois l'impression d'un enchaînement de
scènes lentes le reste du temps. Un peu trop même
car on piétine parfois . Heureusement les acteurs rendent
ces scènes un peu plus digestes... Le casting excellent
nous donne droit à des scènes extrêmement
justes qui légitiment la nomination du film aux Oscars
2002.
Sur un schéma un peu similaire à '8 Femmes'
de François Ozon, ce jeu de massacre et de lavage de linge
sale est étonnant d'actualité et révèlera
bien sûr un nombre impressionnant de pics. La société
bourgeoise et aristocrate est ainsi épinglée,
à travers de nombreuses scènes mêlant
les servis et les servants. Cette opposition est vraiment
le sujet central du film, n'en déplaise à l'histoire
du meurtre qui n'est qu'anecdotique. Et ce sont ces relations
qui vont rythmer le film et lui donner son goût.
Le talent d'Altman se fait resentir sporadiquement, mais les
quelques pointes de génie qui resortent font vraiment
plaisir à voir. Rien que pour ces scènes, le
film vaut d'être vu, même s'il ne laissera pas
un souvenir exceptionnel.
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Gosford Park s'inscrit dans la tradition
du " film à l'anglaise " : il y a du
Fenêtre sur cour, du Vestiges du jour et de l'Agatha
Christie dans ce film. Mais qu'on ne s'y trompe pas, il
n'est peut-être pas fait pour ravir un public cinquantenaire
amateur des thés et d'intérieurs feutrés.
Il y est fait un portrait de la société
anglaise qui n'est pas aussi consensuel qu'il en a l'air.
Dans la galerie de portraits qu'il nous offre, Robert
Altman produit de drôles de monstres : des valets
aux allures de gentlemen, des maîtres qui se comportent
en valets. Il épingle les inégalités
de classe, mais sans caricature, ni démonstration.
Dans le scénario comme dans le jeu des acteurs,
chacun joue son rôle à la perfection : Lady
Sylvia est particulièrement convaincante en aristocrate-dandy.
Les coulisses où s'affairent les domestiques sont
rendus avec réalisme et organisation. Résultat
: un univers filmique aussi froid que parfait, mais qui
n'empêche pas un attachement profond pou les personnages.
Ce n'est pas non plus une intrigue policière au
sens classique du terme. Le film joue avec les codes du
genre. En effet, le crime est commis en coulisse. Il est
à l'image de ces domestiques qui vivent une existence
discrète mais pleine de non-dits. La " solution
" de l'énigme restera implicite, au point
qu'elle peut échapper à l'attention du spectateur.
On est loin de la lourdeur d'un Poirot qui vient donner
pédagogiquement l'explication rationnelle. Ce sont
autant de signes que le policier n'est pas l'enjeu du
film, mais sa présence en filigrane fait qu'on
s'y sent dans un univers familier.
Mêlée à cette société
bourgeoise très british, en parfait porte à
faux avec elle, un personnage, Morris Weisman, incarne
un réalisateur américain qui prépare
le tournage d'un film " Charlie Chan in London ",
précisément sur le sujet du film : un meurtre
est commis lors d'une partie de campagne anglaise. Ce
projet, clin d'il sur ces éternels films
américains qui se veulent authentiquement anglais,
est encore une manière de désamorcer une
lecture au premier niveau qui verrait dans ce film de
la simple couleur locale.
A conseiller aux amateurs de portraits bien enlevés
et d'humour au xième degré. C'est gelé
et très fin.
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